Les pilotes

Piloter sur le circuit du Grand Prix de Monaco est un exercice de haute virtuosité car la piste est étroite et bordée de barrières de sécurité, il y a peu d’échappatoires et de nombreux virages sont sans visibilité. Quelques courtes lignes droites caractérisent le tracé, entraînant une moyenne de 4 150 changements de vitesse durant un Grand Prix de Formule 1. De ce fait, la séance de qualification est primordiale ; les dépassements étant très difficiles, le pilote qui obtient la pole position a de fortes chances, sauf ennui mécanique, de remporter la course.

 


 

Ayrton SennaAyrton SENNA – 3 fois champion du monde – 41 victoires dont 6 victoires au Grand Prix de Monaco (1987, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993). Champion de karting à la fin des années 1970, puis de Formule-Ford et de F3 au début des années 1980, le jeune brésilien se fait très vite remarquer pour son pilotage particulièrement incisif, voire même agressif. Il découvre la F1 en 1984, puis signe en 1985 chez Lotus où il remporte ses 1ers succès ainsi que la 3e place mondiale en 1987. Ce podium lui ouvre les portes de la grande écurie McLaren dès 1988. Doté d’un coup de volant particulièrement habile sous la pluie, son talent explose alors au grand jour via 2 titres de vice-champion en 1989 ainsi que 1993 et, surtout, 3 titres de champions en 1988, 1990 et 1991. Durant cette période, son inimitié envers son équipier (et principal rival) Alain Prost fait rage, les 2 hommes se livrant à une guerre (sur et en dehors de la piste) tant sur le plan sportif que psychologique, dont certains accrochages (parfois dangereux) seront l’expression la plus féroce. En 1994, Prost parti à la retraite, le recordman de victoires sur le mythique tracé urbain de Monaco (6 succès en Principauté) est l’archi-favori des pronostics. Malheureusement, tout le monde connait la suite. Le 1er mai, sur le circuit d’Imola, « Magic » Ayrton perd le contrôle de sa Williams qui s’encastre violemment dans le mur du virage de Tamburello… Le champion carioca décèdera le soir même des suites de ses blessures. La carrière du Mozart de la piste, que d’aucuns considèrent d’ailleurs toujours comme le plus talentueux virtuose de l’Histoire de la F1, prit ainsi brutalement fin. Qui sait combien de titres il aurait encore pu accrocher sans cette funeste sortie de piste ? Ironie du sort, le matin du drame, Prost et Senna s’étaient réconciliés…

 


 

Graham HillGraham Hill – 5 victoires Grand Prix de Monaco (1963, 1964, 1965, 1968, 1969)
Figure emblématique de la Formule 1 des années 1960, il a disputé 176 Grands Prix, remporté quatorze victoires et deux titres de champion du monde des pilotes, en 1962 et 1968. Également victorieux d’épreuves aussi prestigieuses que les 500 miles d’Indianapolis (en 1966) et les 24 Heures du Mans (en 1972 sur Matra Simca avec Henri Pescarolo), il est le seul pilote de l’histoire détenteur de la triple couronne. Son fils Damon Hill est lui aussi devenu champion du monde des pilotes en Formule 1 en 1996.

 

 

 


 

SCHUMACHERMichael SCHUMACHER 7 fois champion du monde – 91 victoires dont 5 au Grand Prix de Monaco (1994, 1995, 1997, 1999, 2001) Si il ne devait en rester qu’un, ce serait lui ! Formé à l’école du karting (à l’instar, entre autres, de ses illustres prédécesseurs Prost et Senna) ce fils de maçon (comme Fangio, tiens donc!) se distingue dès le plus jeune âge. Champion d’Allemagne, vice-champion du monde junior 1985 et champion d’Europe 1987 en karting, puis champion d’Allemagne et vainqueur de la Coupe Intercontinentale de F3 en 1990, Schumacher intègre la catégorie-reine en 1991. Dès 1992, il se signale par un 1er succès en GP (à Spa-Francorchamps) tout en plaçant sa monoplace sur le podium du général en fin de saison, à une prometteuse 3e place, devant le champion du monde en titre, un certain… Ayrton Senna ! Rien que ça ! Hélas, le passionnant duel annoncé, que les 2 « rois de la pluie » auraient pu se livrer, tournera court avec la disparition de Senna en 1994. Orphelin de celui qui aurait dû être son principal rival, Michael est sacré champion en 1994 et 1995 chez Benetton. Le Rhénan prend alors le pari risqué de relancer l’équipe Ferrari qui reste sur plusieurs saisons de disette. Malgré une voiture pas encore 100% compétitive, Schumacher remet directement la Scuderia en selle, se classant 3e dès 1996. Déclassé en 1997 pour avoir tenté d’envoyer Jacques Villeneuve dans le décor, il est à nouveau vice-champion en 1998. L’entrée dans le nouveau millénaire marquera le retour du génie. Intouchable, le « Baron Rouge » règne alors sans partage pendant 5 ans (2000, 2001, 2002, 2003, 2004), reléguant tous ses adversaires au rang de simples faire-valoir. Troisième en 2005, il se retire sur une place de vice-champion en 2006 (avant de faire un retour plutôt médiocre chez Mercedes entre 2010 et 2012). Retraité, l’homme au plus beau palmarès de l’histoire de la F1 se consacre alors pleinement à sa famille, préparant notamment la carrière de pilote de son fils Mick. Victime d’un très grave accident de ski fin 2013, on sait peu de choses sur son état de santé actuel… Recordman de titres (7), de victoires en GP (91), de podiums (155), de pole-positions (68), de meilleurs tours en course (77), du plus grand nombre de victoires sur une saison (13 en 2004) et détenteur de bien d’autres records, « Schumi » a tout simplement porté la Formule 1 dans une dimension qu’elle n’avait encore jamais connue !

 


 

Alain PROSTAlain PROST 4 fois champion du monde – 51 victoires dont 4 victoires au Grand Prix de Monaco (1984, 1985, 1986, 1988). C’est un peu par hasard que le jeune Alain découvre le karting lors de vacances sur la Côte d’Azur en 1969. Champion de karting, puis de Formule-Renault et enfin de Formule 3 (l’antichambre de la F1) dans les années 1970, le petit prodige effectue un essai chez McLaren en 1979. Durant les tests, il réalise de meilleurs temps que John Watson, le pilote titulaire de l’écurie. Directement engagé, il signera ses débuts en F1 en 1980. Recruté par Renault en 1981, il remporte son 1er grand-prix en France. En 3 saisons chez le constructeur-motoriste tricolore, Prost remporte 9 GP et termine 5e, 4e et enfin vice-champion en 1983. De nouveau vice-champion en 1984 (pour son retour chez McLaren) et 1988, il s’installe sur le toit des paddocks en 1985, 1986 et 1989 avant de s’engager auprès de Ferrari. Vice-champion, battu par Senna en 1990, sa saison 1991 va tourner au cauchemar. Doté d’une monoplace qu’il juge trop poussive, allant même jusqu’à la comparer à un camion, Prost signe une saison blanche et se met la « maison rouge » à dos. Limogé par Ferrari, il s’accorde alors une année sabbatique. En 1993, le Français revient par la grande porte chez Williams, glanant son 4e titre mondial avant d’annoncer sa retraite. 4 fois champion et 4 vice-champion du monde, vainqueur de 51 GP, auteur de 33 pole-positions et de 106 podiums en 199 courses, « le professeur » Prost est sans conteste le meilleur pilote que l’Hexagone ait connu. En outre, sa rivalité légendaire avec Ayrton Senna restera à jamais gravée dans les annales de la F1. Directeur de sa propre écurie à la fin des années 1990, il de.meure une figure incontournable du sport-automobile mondial.